Le prix de la parole

Épuisé

Dans un pays où la misère et l'injustice règnent, Mwana, issu d'une famille pauvre, refuse de suivre le destin tout tracé de précarité qui s'impose à lui. Encouragé par les espoirs de son père, il rêve d'un avenir meilleur, loin des pénuries d'eau, des coupures d'électricité et du chômage qui gangrènent la ville de Kotabu.

Un jour, après une humiliation injuste infligée par les forces de l'ordre, il trouve refuge dans le Bangwe, un lieu de débats et d'échanges intellectuels. Là, il rencontre Mwalimu, un vieil homme aux allures de prophète maudit, qui tente d'éveiller les consciences sur les ravages de l'ignorance et la corruption des élites. Mais dans une société où la vérité est un danger, dénoncer devient un acte de rébellion.

Mwana et Mwalimu choisissent de parler, de ne pas se taire face aux injustices, malgré les risques. Leur combat les conduit sur un chemin périlleux où la parole a un prix : celui du silence imposé, de la censure et peut-être même de leur propre existence.

15,00 €
hors frais d'expédition

L'Auteur.

Mwandzewuma Papa Claude Mohamed Youssouf est né le 9 février 1997 à Mitsamiouli. Passionné par les lettres et la réflexion philosophique, il obtient son baccalauréat littéraire en 2016 au Groupe Scolaire Olivier. Il poursuit ensuite des études supérieures à l'Université d'Antananarivo Ankatso, où il décroche une Licence en Philosophie générale, suivie d'un Master 1 en épistémologie, théorie des sciences et philosophie de la connaissance.

Animé par une volonté d'élargir ses compétences, il s'installe en France pour se spécialiser dans la gestion des ressources humaines. Il y suit une formation en gestion du personnel et poursuit actuellement un Master en Ressources Humaines.

Ce roman, son premier ouvrage, marque son entrée dans le monde littéraire, mêlant engagement social, réflexion philosophique et critique du système éducatif et politique.

N° ISBN. 978-2-487479-08-1. ComoresTice-Editions - Mai 2025

Préface de Mr. ChabaneBourhane, - syndicaliste, poète et romancier Comorien.

Les mots sont faibles et pauvres pour exprimer ce que je ressens en lisant le résumé du « Prix de la parole ». J'ai eu la même émotion avec la lecture du livre de Nadia Murad « le prix d'être humain ». Que penseriez-vous si je vous dis que ce livre est un ensemble de mots et non d'idées ? Des mots attachants par leur beauté émouvante. Des mots qui exposent, avec finesse, les terreurs inhérentes à nos mœurs et traditions, souvent perçues comme obstacle à l'émancipation au bonheur humain. Des mots doux, qui réveillent une émotion glacée au sujet des violences faites aux femmes. Des mots tendres et attachants, lorsqu'ils évoquent l'amour des siens.

Des mots qui exposent de façon rationnelle l'importance de l'éducation dans notre société. Des mots poétiques qu' « on le cherche de loin dans l'avenir immense ».

L'auteur, Mwandzewuma Papa Claude est né à Mitsamiouli, une ville touristique située sur la côte nord de la Grande Comores. Là -bas, Plages, fleurs, soleil et lune se croisent, rythmant la vie entre éclipses et aurores.

L'océan y est omniprésent, lueur d'une économie bleue en devenir. La population vit au rythme du commerce, de la pêche, et est fortement éduquée et civilisée. C'est la ville du premier président de l'autonomie interne des Comores, le premier médecin et Docteur Comorien, feu Saïd Mohamed Cheikh.

Sur le sable, les pieds dans l'eau, seul face à l'horizon, les mots peignent la beauté. Comme la baleine, j'ai longtemps réfléchi avant de sortir ma tête de l'eau et écrire cette préface. Dans la solitude de l'écriture à la Marguerite Duras, je suis confronté à ma propre réalité. J'ai vu se dessiner au fur et à mesure que la lecture de ce roman me fait balader dans ses exutoires, mon propre miroir.

L'histoire dépeint un enfant citadin, écolier qui apprend la langue des blancs et se heurte à la dureté des mœurs et des coutumes. Des traditions qui marginalisent ceux qui s'aventurent à vouloir dessiner le renouveau artistique. Au Bangwé, la hiérarchie andanesque est minutieusement respectée, une forme de dictature que tente de déroger le personnage de Mwalimu malgré l'orthodoxie des mœurs.

Le grand mariage, avec ses démons, cultive avec aisance le paraître en oubliant au passage l'être, sa dignité et son respect. L'Anda, jadis symbole d'honneur, son nom s'est transformé en stupeur ou l'indignité brille. La ville de Kotabu me rappelle mon propre village natal. Je me reconnais en Mwana. Ce jeune se bat pour les autres : un héros, au milieu des colosses fragiles. L'auteur nous entraîne dans un voyage poignant ou réalités et malheurs se côtoient dans une atmosphère de rupture, mais aussi d'espoir.

La société comorienne, telle qu'elle est décrite ici, est habitée par une sorte d'ignorance, de sorcellerie, de mensonge, d'inculte, de violence. Le notable, couronné par le grand mariage, semble plonger dans un monde où savoirs et connaissances sont bannis. Certains intellectuels plongent également dans ce monde et n'agissent que pour leur intérêt personnel.

Ce roman rénovateur, me laisse perplexe de la suite que le lecteur donnera. Il ne s'agit pas ici de lire cette œuvre écrite avec humilité, d'une qualité rare et rester inerte. Non, c'est un livre avant-gardiste, porteur d'espoir et de mutation. Une main tendue au progrès, à l'espoir. Un livre qui incite le lecteur à réagir, à rebondir, à faire un saut vers l'avenir : « Demain est un jour heureux » telle est l'inspiration que l'auteur nous offre.

Ce livre, rédigé avec une rare beauté et une profonde humanité, conscientise la jeunesse et au-delà. Il réveille l'espoir, non pour le pire, mais pour le meilleur. C'est une lueur sur cette beauté de l'horizon à l'aurore, et ce lampadaire continuera de guider nos pas.